Une Journée à Ampuis au Domaine Michel et Stéphane Ogier

Il y a quelques mois, Stéphane Ogier a acquis des vignes sur la côte brune, dans la parcelle de Montmain. C’est un très beau terroir de micaschiste orienté plein sud. Il y avait une présentation de cette nouvelle cuvée au domaine à Ampuis. Ce fut aussi l’occasion de voir le nouveau chai en cours de construction.

 

Nous avons commencé la journée par une dégustation des vins du domaine.

Le viognier de Rosine 2012 est un joli blanc floral souple et très avenant. C’est une expression très fidèle du cépage. Le Condrieu 2012 qui suivait permettait de constater l’importance du terroir. En effet, le viognier devient plus dense, charnu et complexe, tandis que sa longue finale fraîche lui apporte l’équilibre. Après les blancs, vint le temps des rouges avec, pour commencer, la Rosine rouge 2012. Au même titre que la Rosine blanc exprime son cépage, la Rosine rouge constitue une expression précise de la syrah.

Nous avons ensuite dégusté le vin de Seyssuel, la cuvée L’Âme Sœur 2011. Ce terroir en pleine renaissance donne des vins séveux, fins et épicés. Situés au nord de Vienne sur la rive gauche du Rhône, ces vins, réputés depuis les Romains avaient disparu après la crise du phylloxéra à la fin du XIXe siècle. La renaissance des vins de Seyssuel est due, entre autre, à l’obstination du trio François Villard, Pierre Gaillard et Yves Cuilleron de replanter des vignes à cet endroit.

C’est le tour du Côte Rôtie de se montrer. Issu d’un assemblage de parcelles de la côte blonde et de la côte brune, ce Côte Rôtie est le porte étendard du domaine. Le style de Stéphane se retrouve dans ce vin digeste et fin.

Pour terminer, un échantillon de la cuvée parcellaire Montmain 2013 fut servi. Tiré du fut, le vin venait de terminer sa fermentation malolactique (désacidification naturelle du vin par la dégradation de l’acide malique en acide lactique) ce qui le rendait peu engageant sur le plan aromatique. C’est la texture, l’équilibre du vin qui nous intéresse. Montmain se présente particulièrement bien avec un bel équilibre et une matière dense, fine, assez élégante.

Lors du déjeuner, nous avons dégusté une Rosine rouge 2005 en magnum. Cette « simple » syrah en vin de pays en a surpris plus d’un par sa fraîcheur et sa tenue après quasiment 10 ans de bouteille. Je regrette d’avoir terminé mes dernières bouteilles il y a un an ! Ensuite l’Âme Sœur 2009, toujours en magnum, nous a été servie. Presque épanouie, expressive, élégante, cette cuvée est la preuve du bien-fondé de vouloir ressusciter ce très beau terroir de Seyssuel. Ce fût au tour du Côte Rôtie 2004. Ce millésime injustement sous-estimé révèle ses qualités de finesse avec 10 années de vieillissement. Racé, fin, intense, soyeux, voici un très joli vin. Enfin nous avons dégusté Lancement et Belle Hélène 2010. Deux splendides bouteilles au caractère bien trempé. Lancement, issu de la côte blonde est vin élégant, droit, floral et nuancé. Belle Hélène est une digne représentante de la côte brune. La structure est affirmée, la matière charnue, le tout affiné par la patte de Stéphane Ogier.

 

Il était temps de faire un peu d’exercice !

 

Nous sommes allés voir la parcelle de Montmain. Voici quelques photos qui ne donnent qu’une petite idée de la raideur de la pente. Se retrouver au pied de la parcelle donne un sentiment de vertige tant la pente est raide. On songe alors à ceux qui travaillent dans ces coteaux et l’on comprend pourquoi l’entretien des vignes demande tant de main d’œuvre. Après avoir vu les vignes de Montmain, je suis impatient de pouvoir vous parler de cette nouvelle cuvée lorsqu’elle sera mise en bouteille.